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CONCLUSIONS DU I FORUM MONDIAL DU VIN RIOJA III MILENIO

Avant toute chose, il nous faut souligner l’excellente acceptation rencontrée par ce I Forum Mondial du Vin qui s’est tenu à La Rioja, qui a prétendu mettre en avant une série de sujets de grand intérêt, développés par des conférenciers de premier ordre lors de tables rondes très spécialisées sur les sujets traités et qui a bénéficié de la participation absolument ouverte de tous, ce qui à permis de capter leurs réactions et d’en tirer les conclusions que nous présentons ci-après.

PREMIÈRE CONCLUSION

En matière de production de raisin rouge, la petite taille de la baie est importante pour la qualité puisque le pourcentage de pellicule est plus important par rapport à la pulpe.

Dans la peau du raisin se trouvent de façon potentielle des facteurs de qualité, notamment les polyphénols, qui seront appréciables dans le vin à travers une bonne vinification.

D’après les propos de M. Fregoni, dans le cas des variétés de raisin rouge, il est très important de choisir correctement l’écosystème sol-climat puisque les changements thermiques quotidiens entre les températures maximales y minimales sont fondamentaux pour que le raisin libère les arômes caractéristiques de chaque variété et les polyphénols.

Par conséquent, nous devons tout mettre en œuvre pour que le cépage nous donne directement un moût qui, après une vinification immédiate, nous fournisse un vin de grande qualité.

Les facteurs humains sont également importants pour garantir un bon équilibre entre la partie aérienne du plant et le système radiculaire.

L’une des règles très anciennes de la viticulture et d’ordre général, est que la faible production par souche est un facteur indispensable pour l’obtention de produits de qualité, de là l’intérêt d’appliquer une densité de plantation suffisante pour que le plant n’atteigne pas une vigueur excessive mais qu’au contraire, il rencontre une certaine concurrence au sein de la plantation.

La proposition concernant le paiement du raisin en fonction de la qualité est très intéressante dans son sens le plus large, puisque cela pousserait le viticulteur à rechercher les meilleurs résultats possibles.

DEUXIÈME CONCLUSION

En ce qui concerne l’œnologie, M. Feuillat a souligné l’importance de la macération des marcs et des techniques actuelles pour activer ce processus ainsi que l’effet favorable de la fermentation malolactique en fût pour diminuer ou faire disparaître le goût de vanille.

Dans la région de la Bourgogne, qui se caractérise par une faible illumination et des températures basses, il s’agit en effet de la région viticole productrice de raisin rouge la plus septentrionale d’Europe, on applique le système de thermovinification avec une double finalité, l’extraction plus complète des polyphénols et la destruction de la Lactase produite par les attaques de pourriture grise.

Dans le cas des plantations de raisin rouge plus méridionales, comme c’est le cas à La Rioja, ce procédé n’est pas appliqué.

M. Feuillat conseille une pré-macération à froid du raisin pendant trois ou quatre jours à une température de 12 à 15 degrés dans un environnement inerte en nitrogène pour stimuler le développement de levures indigènes qui auront ensuite un effet très favorable sur la formation des arômes. Après cette courte période, il faudra chauffer le raisin jusqu’à atteindre une température maximale de 28-30 degrés pour que la fermentation s’achève normalement. L’étude de l’effet du bois de chêne au cours du processus de vieillissement du vin rouge en fonction des caractéristiques du chêne, a également suscité un grand intérêt.

TROISIÈME CONCLUSION

Conformément au programme, s’est tenue la Table-Ronde consacrée à "La différenciation du prix du raisin rouge en fonction des différents facteurs de qualité. Rentabilité et positionnement des vins sur le marché en raison de ces facteurs".

Le débat et les différentes appréciations qui ont découlé de cette Table-ronde ont été très intéressants et de toute actualité.

Tous les intervenants ont mis en exergue l’intérêt des polyphénols comme facteur déterminant de la qualité du raisin sans, cependant, oublier l’importance de la cuvaison en ce qui concerne la richesse en sucres naturels, en acidité fixe, en pH ainsi que de l’état sanitaire de la grappe.

A la fin du débat, la Table a mis l’accent sur l’importance des polyphénols dans le raisin bien que ce sujet ne soit actuellement qu’aux premières étapes de son développement au niveau pratique. Nous sommes d’accord sur le critère de valorisation, mais nous ne disposons pas encore de systèmes suffisamment rapides et précis à l’intérieur du chai pour pouvoir déterminer les polyphénols non seulement d’un point de vue quantitatif, mais également de leur capacité ultérieure de polymérisation.

Différents membres de la Table ont insisté sur l’importance des clons à l’intérieur de chaque variété, leur comportement étant différent. Chaque clon imprime sa propre forme de métabolisme qui implique une formation différente de polyphénols.

En ce qui concerne le terrain, la préférence a porté sur les sols argileux-calcaires au détriment des sols quaternaires alluvionnaires pour la formation des polyphénols.
L’examen direct du vignoble et des plants est déterminant pour juger la qualité implicite du raisin en complément à l’examen de la vendange.

Il a également été convenu par unanimité, que les vignes ayant plus de 15 ans et jusqu’à 25 sont celles qui produisent la meilleure qualité en raison de la diminution de la vigueur du plant et d’un meilleur équilibre entre le système radiculaire et la partie aérienne.

Il est évident que la qualité a un coût lorsqu’elle implique la diminution des rendements et l’augmentation de l’attention prêtée à la culture, et qu’elle est liée à la bonne appréciation des résultats par les consommateurs.

QUATRIÈME CONCLUSION

M. Goicoechea a salué lors de sa Conférence consacrée à la “Perspective du renouvellement du Statut en matière de Vigne, de Vin et d’équilibre du marché”, l’occasion propice de la tenue de ce Forum du Vin, à un moment crucial de changement aussi bien au niveau national, qu’au niveau de l’Union Européenne ou à l’international. L’élargissement possible et immédiat de l’Union Européenne qui va passer de 15 à 21 pays membres, l’effet des accords du GATT sur le commerce international, les éventuels accords de l’Union Européenne avec le MERCOSUR et l’Afrique du Sud et la nouvelle OCM, conjugués au besoin et à l’urgence de remplacer notre ancien Statut sur la Vigne, le Vin et les Alcools datant de 1970, constituent des phénomènes d’une énorme importance économique et législative.

Face à l’ouverture du marché intérieur et à la globalisation du marché international, l’amélioration de la compétitivité du vin espagnol s’impose.

Quoi qu’il en soit, n’envisageons pas une invasion des vins américains ou en provenance d’Afrique du Sud, la distance créant toujours une barrière d’enchérissement. Nous ne connaissons pas encore les détails de la nouvelle OCM, mais il est envisagé une possible limitation de la chaptalisation qui dans l’état actuel des choses va à l’encontre de l’essence même du vin et entraîne une grave concurrence des prix.

Tous les participants se sont montrés contraires aux principes de l’OCM de 1994 qui portent préjudice à la viticulture espagnole.

CINQUIÈME CONCLUSION

Lors de la conférence sur le "Renouvellement du Statut en matière de politique de qualité", M. Antonio Moscoso a analysé les fonctions à caractère public et privé des Conseils Régulateurs et la convenance de ce que ces derniers soient conformes aux exigences de la norme européenne EN 45011 concernant les exigences que doivent remplir les organismes de certification et de contrôle.

M. Moscoso s’est montré favorable à autoriser les Conseils possédant une personnalité juridique propre et à que ces derniers soient considérés comme des corporations de droit public.

La table-ronde consacrée à la nouvelle ordonnance du secteur vitivinicole, formée par un large éventail d’experts siégeant à Bruxelles et dans les Communautés Autonomes, de particuliers et de représentants du secteur, a commencé par un profond débat sur les différents sujets de modification du Statut.

Dans un premier temps, il a été accordé de poursuivre la lutte contre la chaptalisation qui doit être remplacée par l’enrichissement avec du moût concentré amélioré.

En ce qui concerne les Conseils Régulateurs, les opinions ont été très variées.

L’opinion prédominante est que le Conseil Régulateur doit posséder une personnalité juridique propre, une capacité totale pour réaliser ses taches et qu’il doit être classé comme une entité de droit public indépendamment des responsabilités de l’Administration en ce qui concerne les sujets de son ressort comme la reconnaissance et l’approbation des réglementations sur les noms géographiques et en plus des fonctions privées qui lui sont propres.

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